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Groove Agent

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Cet article a d'abord été écrit pour le journal Keyboards / Home Studio. Il est reproduit ici avec leur sympathique autorisation, merci ,o)


Décidément, l’informatique s’est mise en tête de remplacer un à un tous les membres d’un groupe de rock ! Après les guitaristes et les bassistes, voici Groove Agent, le batteur virtuel ! Considérant que programmer une partie de batterie de façon vivante n’est pas évident, qu’avoir un batteur sous la main l’est encore moins et qu’enregistrer une vraie batterie en appartement relève de la provocation, ce nouveau logiciel mérite une attention particulière que je vais lui accorder pas plus tard que maintenant.


C’est quoi ce truc ?

Selon son créateur, Sven Bornemark, l’idée serait née début 2002 sur des forums Suédois sur lesquels des musiciens auraient avancé l’idée d’un logiciel qui serait la réplique exacte des boîtes à rythmes qui ont longtemps fleuri dans les home-studios. Un an plus tard, Steinberg propose Groove Agent, développé par Paul Kellet, Monsieur MDA. Chose amusante, les crédits font mention d’un programmeur, d’un graphiste, de deux ingénieurs du son et de 13 musiciens. Prometteur non ?

Le concept est presque trop simple pour que personne ne l’ait fait avant : 54 styles de musique, 25 niveaux de complexité, des dizaines de kits, des « Fills » etc. Il faut ajouter à ça quelques paramètres bien pensés qui d’une part faciliteront le travail d’écriture et qui d’autre part donneront un côté vraiment humain à la partie de batterie.


Pattern 1

La cuvée 2000/2001 des plug-ins Steinberg pouvait poser des problèmes à l’installation sur les configurations XP multi-utilisateurs. Steinberg a semble-t-il corrigé cela, Groove Agent s’installe tranquillement, aucune autorisation n’est demandée. J’aurais quand même aimé pouvoir choisir l’emplacement des 300 meg de fichiers Audio, mon disque système aurait apprécié !

Un mot sur le manuel papier. Il a été écrit à la première personne par Sven Bornemark, qui y raconte un peu sa vie. La bonne nouvelle est que le logiciel est livré avec une version française du manuel. La mauvaise nouvelle est que la traduction est, comment dire, un peu spéciale. J’ai vite arrêté de compter les fautes et les tournures de phrase qui ne veulent rien dire. Ca a le mérite d’être amusant mais ça ne fait pas très sérieux. Exemple, (merci au correcteur de laisser les fautes ;op...note du correcteur : "Je fais c'que j'veux ;oppp") : « Bougez le fader Complexity vers la gauche pour des sons plus douces ou bien vers la droite pour les batteries plus avancés/bruyants/sauvages » ! Arf ! (Note du correcteur bis, qui est prof d'anglais : "Je dirais même plus, Arf arf arf ;oppp)


Pattern 2

L’interface principale, élégante et sans tape-à-l’œil, est on ne peut plus simple. Dans la partie haute, on trouve deux glissières qui permettent respectivement de choisir le style musical et la complexité du jeu. Les styles sont censés couvrir les modes de 1950 à nos jours. Swing, samba, jazz, soul, pop, cajun, reggae, disco, hard rock, house, trance, hip-hop etc. Bref, il y en a pour tous les goûts et les dégoûts ! Un kit par défaut est affecté à chaque style mais rien ne vous empêche d’en changer en piochant dans le menu pop-up de chaque élément de batterie (8 en tout). Les combinaisons ainsi obtenues vont du très bien à l’étonnant en passant par l’inutilisable ! Soyez raisonnables ,o)

Sur la gauche, deux boutons pour fainéants, « Auto Fill » et « Random Fill » dont les rôles respectifs sont de déclencher des breaks automatiquement et de les choisir de façon aléatoire. Simple et redoutable, ces deux boutons donnent un côté vraiment humain au jeu.

Sous les deux glissières, on dispose de cinq boutons :

Sur la partie gauche on trouve encore quelques réglages :

Enfin, il y a deux boutons « Link » qui ont pour rôle de dissocier styles et kits, patterns et breaks.

J’espère que mon descriptif rend bien compte de la simplicité d’utilisation de Groove Agent. En quelques clics, il est enfantin de construire une partie de batterie complète. C’en est même troublant, on se dit que forcément, on a oublié quelques chose !

Allez, passons maintenant aux réglages avancés.


Pattern 3

En cliquant en bas à droite sur « Edit », on accède à quelques paramètres supplémentaires.

Je le dis à chaque test : messieurs les graphistes, songez qu’il y a dans ce monde de nombreuses personnes mal voyantes, si vous pouviez faire tout aussi joli mais lisible, nos yeux vous en seraient reconnaissants ,o) (Note du correcteur : "Pascal, arrête de te plaindre un peu ;oppp")

Donc ! Il y a sous la trappe une série de bouton pour chacun des 8 éléments du kit, vélocité, tune, decay, ambiance (en relation avec le paramètre évoqué plus haut) et volume. Ca parle, inutile de s’y attarder. Le dernier bouton sert à choisir l’une des quatre sorties Audio stéréo. Quatre, je trouve ça un peu juste si l’on souhaite soigner le mixage de la batterie.

Un peu plus bas, une série de 10 emplacements mémoire peut stocker tous les réglages de Groove Agent. Il est ensuite possible de rappeler les mémoires via le séquenceur afin de construire la partie de batterie à coups de « patterns ». Comme au bon vieux temps !

Sous l’affichage LCD, il y a encore une petite trappe bien cachée (même message perso aux graphistes) et qu’il eût été dommage de manquer ! En effet, le bouton « Midi Output » fait que Groove Agent va générer des informations Midi que le séquenceur va pouvoir exploiter. Ainsi, si les sons du logiciel ne vous plaisent qu’à moitié, rien ne vous empêche d’utiliser Groove Agent pour attaquer un autre VSTi ou un expandeur, d’autant qu’un autre bouton enclenche le mode GM ! Mieux ! Il est possible d’enregistrer dans le séquenceur, sur une piste, tout ce qui sort de Groove Agent et bien sûr d’éditer ensuite la piste Midi obtenue.

Attention, cette fonction « Midi Output » n’est garantie qu’avec Cubase ou Nuendo, Steinberg ne promet rien quant à l’utilisation avec d’autres logiciels compatibles VST 2. Curieuse démarche…


Pattern 4

Il y a plusieurs façons de travailler avec le plug-in. On peut par exemple utiliser les mémoires pour construire le morceau sous forme de « patterns ». Ou encore utiliser l’automation. Tous les paramètres du soft sont automatisables et il est relativement facile de travailler par ce biais. Ce n’est pas tout ! Groove Agent peut aussi être utilisé comme n’importe quel module sonore et piloté par un clavier Midi. Dans ce cas, la première moitié du clavier est affectée aux sons individuels mais la second moitié est tout à fait étonnante : on peut déclencher les Start/Stop mais aussi tous les Fills ! Il restera ensuite à faire varier la complexité du jeu grâce à l’automation. Vraiment très puissant.


Pattern 5

Venons-en maintenant aux kits. La qualité est bien là, bien supérieure à ce que pouvait nous offrir nos boites à rythmes. Malgré tout, comparés aux kits que l’on peut donner à manger à nos samplers virtuels ou non aujourd’hui, ceux de Groove Agent peuvent paraître un poil plus pâles.. Comme souvent, ce sont les cymbales et les charleys qui manquent un peu de définition. Bons, sans plus donc, mais largement utilisables. Comme il est possible de piloter un autre instrument à partir de Groove Agent, il n’y aucune limite à ce que l’on peut en obtenir.


Pattern 6

Arrivé à la fin de ce test, je dois avouer que je suis tout-à-fait emballé par ce logiciel qui va rendre de grands services à tous ceux que la programmation de batterie rebute un peu. Groove Agent aurait pu être une boîte à rythmes comme les autres mais la fonction « Midi Output » libère totalement le logiciel des limites qu’il aurait pu avoir sans elle.

En conclusion, je dirai que le pari est largement réussi, Groove Agent est bel et bien une boîte à rythmes logicielle, facile à utiliser et qui propose bien plus que ce qu’offraient ses modèles hardware. Ma seule réserve est adressée aux musiciens qui n’exploitent que peu de styles de musique. Ceux-là auront peut-être trop vite fait le tour de Groove Agent et s’en lasseront rapidement, c’est sûr. A moins qu’ils ne trouvent là l’occasion d’élargir leur domaine musical ,o)


Pouf Pouf !

Les habitués du forum Cubase.net on inventé un terme rigolo pour désigner les plantages sauvages que Cubase SX fait parfois subir à certains : le phénomène du « Poof » ! T’es en train de travailler et poof ! Plus rien !

J’ai eu la chance de ne pas subir de « Poof ».....jusqu’à ce jour. Par deux fois en manipulant Groove Agent un peu trop brutalement, j’ai entendu mon disque dur grignoter et vu Cubase SX se refermer sans aucun avertissement. Le « Poof » étant totalement aléatoire d’une config à une autre, je vous suggère de télécharger la démo (2 styles, 2 kits) de Groove Agent avant de tenter l’aventure…

A bientôt, ici ou ailleurs ,o)


  • Les + : la facilité d’utilisation, la diversité, l’ouverture vers d’autres sources sonores, la qualité des patterns et des breaks
  • Les - : la traduction fantaisiste du manuel, 4 sorties stéréo uniquement, le fonctionnement non garanti du Midi Output avec des logiciels autres que Nuendo et Cubase. Peut-être un risque de « Poof », voir le texte

  • Ergonomie : 18/20
  • Sons : 16/20
  • Rapport Qualité/Prix : 17/20
  • Editeur : Steinberg
  • Distributeur : Steinberg-France

  • Configuration minimum :
    • PC : PC : Pentium II ou AMD équivalent, 256 Mo de RAM, Windows 2000/XP, 300 Mo d’espace disque libre, Cubase, Nuendo 1.5 ou plus, ou tout autre application VST 2.0
    • MAC : MAC : G3 500 MHz , 256 Mo de RAM, Mac OS 9 ou 10.2, 300 Mo d’espace disque libre, Cubase, Nuendo 1.5 ou plus, ou tout autre application VST 2.0

  • Prix conseillé : 299 €uros TTC

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Pascal VALENTIN, le 10-07-2003

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