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Test de Cubase 8

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Ouais, je suis un peu à la bourre sur ce dossier, je sais, désolé. Il y a deux raisons à cela : d’une part, je ne suis plus accro à la MAO comme j’ai pu l’être durant les belles années de l’Espace Cubase et d’autre part, il faut bien dire que ce que propose Steinberg ne redistribue plus les cartes à chaque nouvelle version. Ce n’est pas un reproche, juste un constant. On est arrivé à un tel niveau de fonctionnalités et de stabilité qu’il n’y a plus grand chose à attendre des séquenceurs, pour Cubase comme pour les autres. Alors, autant le dire tout de suite, Cubase 8 n’est « que » la suite Logic, pardon, logique de Cubase 7, qui avait déjà l’ADN de Cubase 6.


Le nom de la Bête

Si la gamme est toujours déclinée en 3 versions, celles-ci sont rebaptisées. Nous avons donc :

Un tableau comparatif de ces 3 déclinaisons est accessibles ici



A noter que l’interface n’a pas été retouchée, ou très peu. Ceux qui arriveront de la version 7 ne seront pas perdus. Ah si, on peut ancrer la Media Bay et le Rack Instruments sur le droite de la fenêtre Projet. Ecran large ou deux écrans nécessaires.


Séquenceur sous dopage

Steinberg met en avant ce point, je l’ai vérifié. Il paraîtrait que Cubase 8 est bien plus économe en ressources que son prédécesseur. Bah, c’est vrai. J’ai chargé le même projet dans Cubase 7.5 et dans Cubase 8, y a pas photo. C’est visible aussi bien dans la jauge de performances du logiciel que dans celle de l’OS. Au doigt mouillé pointé dans la brise matinale, j’évalue ce gain à 10 ou 15 %, ce qui n’est pas rien. D’une manière générale, Cubase 8 est stable, fluide et surtout très plaisant à utiliser.

Il faut dire que le concept de l’ASIO Guard a été étendu à tous les niveaux du moteur audio. Cékoidon ? Un bidule qui fait que les faibles latences, redoutables pour les processeurs, ne s’appliquent qu’en cas de besoin. Avant, c’était un peu comme si votre voiture consommait 15 litres alors qu’elle n’en avait besoin que de 2 pour la vitesse demandée. Le résultat est là, ça ronronne.

Note pour les Mac users : si vous êtes sous Yosemite, il vous faudra installer la version 8.0.10 pour que Cubase 64 Bit daigne vouloir se lancer sous cette version de Mac OSX.


VCA Faders

Pour savoir de quoi il s’agit, il faut avoir pratiquer les bonnes vieilles consoles de mixage… Ou une certaine concurrence chez qui les VCA Faders sont présents depuis longtemps. VCA : Voltage Controlled Amplifier. Concrètement, c’est un fader qui permet de contrôler, par liaison, un groupe de faders. La mise en place est simple, on sélectionne X tranches dans le console, un clic droit et on choisit de créer un VCA Fader à partir de la sélection. Ceci étant fait, les actions sur le VCA Fader seront appliquées aux faders qui y sont liés. Et là, vous allez me dire, ouais, mais bon, on avait déjà les Groupes pour ça. Oui, mais non. Le Groupe, c’est un bus Audio avec toute sa panoplie de traitements et sa gourmandise en ressources. Le VCA Fader ne fait que gérer la course du curseur. Pas d’EQ, pas d’effet, rien de tout cela. Cas de figure : on a x pistes de batterie, toutes envoyées vers un Groupe. Ajoutons un VCA Fader aux seuls toms. Si par la suite, on se rend compte que le niveau de sorties des toms est à revoir, il suffira d’agir sur le VCA Fader associé aux toms, sans pour autant toucher au groupe. C’est un peu comme quand on liait les Faders entre eux dans la version précédente, mais un plus pratique car le VCA Fader se repère facilement dans la table de mix. Autre avantage, on peut y appliquer une automation de volume.

Si les grincheux noteront que Steinberg a mis longtemps à implémenter cette fonction qui devient vite indispensable, reconnaissons que c’est fait avec beaucoup de bon sens. Les plus audacieux pourront même rattacher un groupe de VCA Faders à un autre VCA Fader.


Rendu sur place

Ce qui ne veut pas dire : "j'ai été malade chez moi" ! Ce n’est pas vraiment une nouveauté, c’est plutôt une amélioration de l’existant. Cette fonction permet d’exporter une ou plusieurs pistes Midi et/ou Audio. C’est la fonction « Geler », mais avec des options en plus. On peut choisir d’y appliquer ou non les effets du canal, idem pour ceux du master. On peut aussi choisir d’obtenir autant d’éléments séparés un ou bloc les réunissant tous. Bref, ce n’est pas une révolution, mais quand on a besoin d’alléger la charge du processeur, cette fonction, améliorée, peut être très utile.


Aide à la composition

Et voici venus les Chord Pads, évolution de la Piste d’Accords arrivée avec la version 7. Fonction assez étonnante, intuitive et amusante. Ajoutez une piste Accords, envoyez-la vers une piste Instrument. Sur la piste d’accords, avec le crayon, ajouter des pavés. Ensuite, il suffit de double-cliquer dessus pour accéder à la machinerie. Cubase vous proposera alors, selon un ordre de priorité respectant les règles de l’harmonie, des accords plus ou moins complexes pour succéder au précédent. Quand on a que de très très vagues notions d’harmonie ou quand, même érudit, on sèche devant la partition blanche, cet outil se révèle redoutable. Il permet d’oser des enchainements que l’on n’aurait jamais envisagés, le tout dans une interface graphique très agréable. Bien vu !


Ampli basse

N’ayant pas de basse sous la main, je n’ai pas testé ce module. Il reprend le principe de ce que Cubase propose déjà pour la guitare : des amplis, des HP, des micros et des effets. J’ai lu à droite à gauche que cet ampli faisait le job, ni plus ni moins que son comparse guitaristique. C’est toujours bien venu d’avoir ce genre d’outils sous le mulot quand on a une soudaine inspiration à 3 heure du mat, un ampli basse de 300 watts et des voisins peu compréhensifs !


Les tiroirs à plugins

Ce n’est pas la première fois que Steinberg tente de proposer un truc pour organiser le rangement et le tri des plugins. Avant, c’était simple, les plugins étaient des DLL que l’on déposait dans un dossier dédié. Dans ce dossier, on pouvait créer des sous-dossiers pour s’organiser un peu. Avec l’arrivée de VST3, ce n’est plus tout à fait pareil, les extensions se collent on ne sait pas trop où, que de soit sous Windows ou Mac OSX.

Le Plugins Manager permet de créer des dossiers virtuels dans lesquels on fera glisser les effets ou instruments voulus, un même effet ou instrument pouvant être rangé dans plusieurs tiroirs. Une fois encore, la chose est bien pensée, intuitive à utiliser. L’avantage de ce système, c’est que c’est le logiciel qui s’adapte à vos habitudes et non pas le contraire.

En parlant de plugins, quelques nouveautés. On notera surtout le passage en multi bandes de certains effets, QuadraFuzz, Expander et surtout l’Envelope Shaper qui propose d’excellents résultats sur les batteries.


Routage direct

Etrangement, je n’ai pas lu grand-chose sur cette nouveauté, alors qu’elle est, pour moi, une avancée dont je me sers beaucoup. Concrètement, ça permet d’envoyer une ou plusieurs pistes vers plusieurs sorties, 8 maximum, logicielles ou physiques. Quel intérêt ? Tester différents mix sans toucher à l’existant par exemple. Reprenons l’exemple du mixage de la batterie évoqué plus haut. J’envoie toutes les pistes vers un groupe auquel j’applique x effets. Mais je me demande ce que ça donnerait avec d’autres combinaisons d’effets. Je crée deux groupes sur lesquels je charge des traitements et des EQ différents. Avec l’aide du Quick Link, j’assigne mes pistes de batterie aux deux groupes que je viens de créer. D'un simple clic, je peux écouter ce que donnent mes différentes alternatives sans avoir bousillé mon mix de départ.

Je radote, mais c’est un constat général dans cette version, cette nouveauté est implémentée de façon intelligente et intuitive.

Pour en finir avec la section Mixage, j’ajoute que l’on peut maintenant afficher dans la console le défilement de la forme d’onde d’une piste Audio. Idéal pour repérer visuellement, pendant le mix, la raison pour laquelle une piste disparaît soudainement.

Au fil des versions, la console est devenue l’élément central de Cubase au même titre que la fenêtre Projet. Passé la phase d’enregistrement, tout peut se fait à partir de cette fenêtre, y compris l’insertion et l’assignation de pistes d’effets, ou de groupe.


Entre autres...

Il aurait fallu que je parlasse aussi des sons Allen Morgan livrés dans Cubae 8 ou de Grouve Agent SE, 4ème du nom. Sans les passer en revue, il m’est arrivé de tomber sur ces patches en cherchant kek chose dans la Media Bay. Comme quoi, sans courir après et tomber raide d’admiration devant ces sonorités, on est bien contents de les trouver quand on en a besoin.

Il aurait fallu que j’évoquasse les Territoires Vierges. Rien que le nom fait saliver. Bah en fait, il s’agit juste de la possibilité d’avoir du vide entre deux points d’automation de façon à ce que rien ne bouge quand on se replace sur ce Territoire Vierge. Comme quoi on peut donner un nom super flatteur à une fonction, certes, basique, mais bien venue malgré tout.

Il doit y avoir aussi un tas de petites choses ajoutées discrètement de ci de là et que j’ai pas encore découvertes, de ces choses qui ne méritent pas un paragraphe dans ce modeste exposé, mais qui au fil du temps font que Cubase est à ce jour un outil complet et puissant.


Bon, ça suffit !

Ma conclusion sera presque celle de la revue précédente. Je me cite : « Arrivé à ce stade de développement, il va être de plus en plus difficile de proposer de réelles nouveautés. Je prends donc le pari que Steinberg va plus à l'avenir repenser l'existant ». Gagné. Et ce n’est pas un reproche. Si on comptabilise bien quelques réelles nouveautés, VCA Fader, Direct Routing, Chord Pads (bien que ce soit une évolution de la Piste Accords), on reste loin des révolutions que chaque version apportait dans les années 2000. Cubase 8 aurait pu s’appeler Cubase 7.6, ça n’aurait choqué personne. Malgré tout, Cubase continue de se bonifier avec le temps, la pertinence des ajouts et améliorations est réelle. De quoi lâcher sans regrets 100 euros pour ne pas tomber du train en route. Pour ceux qui hésiteraient à franchir le pas, une version démo est disponible, à condition d’avoir déjà un dongle. En tout cas, après des mois sans avoir eu l’occasion de cubaser un peu, je dois dire que j’ai retrouvé ce séquenceur avec bonheur. Je viens de passer quelques jours non-stop sur la version 8 sans jamais la prendre en défaut. Ca ne plante pas, c’est fluide, plaisant à l’œil, c’est intuitif et surtout : c’est à mon service alors que fut un temps où c’était parfois le contraire !

Selon un planning maintenant immuable, une 8.5 devrait voir le jour en décembre 2015 et je me demande bien ce que Steinberg pourrait ajouter à son logiciel phare.

Configurations requises

Les recommandations sont maintenant les mêmes pour PC et MAC (Windows 7 et 8, Mac OSX 10.9 et 10.10). Pour le matos :

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Pascal Valentin, le 17-05-2015

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